Les fautes invisibles

Pallier à ou pallier ?

La réponse

On écrit pallier quelque chose, sans préposition : « pallier un manque », « pallier les absences ». « Pallier à » est critiqué par les grammairiens et jugé incorrect par l’Académie, même s’il est très répandu.

Le piège

« Pallier » a des voisins de sens qui se construisent tous avec « à » : on remédie à un problème, on pare à une attaque, on obvie à un inconvénient. Le TLFi l’explique ainsi : c’est par analogie avec eux que « pallier à » s’est répandu. Le cerveau aligne le verbe sur sa bande d’amis.

Vous êtes en bonne compagnie : le TLFi relève « pallier à » chez André Gide dès 1911. Les grammairiens l’ont critiqué, l’usage a continué, et l’Académie maintient que la construction est incorrecte. À l’écrit, « pallier le manque » ne vous fera jamais relire deux fois.

D’où ça vient

« Pallier » vient du bas latin palliare, « couvrir d’un manteau », de pallium, « manteau ». Vers 1300, il signifie « dissimuler une faute, la présenter sous un jour favorable » : on jetait un manteau dessus. En 1314, un traité de chirurgie l’emploie pour « soulager un mal sans le guérir ».

C’est le sens qui a survécu dans « soins palliatifs » et dans « un palliatif » : une solution qui couvre le problème sans le faire disparaître. Au sens strict, pallier un manque, ce n’est donc pas le résoudre.

Pour s’en souvenir

On pose un manteau sur quelque chose, pas « à » quelque chose : on pallie le manque. Et si vous tenez au « à », prenez « remédier » : on remédie au manque.

En situation

Quiz

À vous de jouer

  1. Question 1 sur 5

    Il faut trouver une solution pour ______ manque de places.

  2. Question 2 sur 5

    Nous devons ______ problème avant vendredi.

  3. Question 3 sur 5

    Le latin pallium désignait ______.

  4. Question 4 sur 5

    Un palliatif est une solution ______.

  5. Question 5 sur 5

    La cantine a fermé ; un traiteur ______ cette fermeture.

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