Les fautes invisibles
Suite à votre demande : est-ce correct ?
La réponse
Suite à est très répandu et figure dans les dictionnaires, mais l’Académie française le juge peu élégant. À l’écrit soigné, écrivez à la suite de, pour donner suite à ou en réponse à : « En réponse à votre demande ».
- Courant, mais discuté Suite à votre demande, je vous adresse le devis. Plus sûr à l’écrit soigné En réponse à votre demande, je vous adresse le devis.
- Courant, mais discuté Suite à la réunion, le projet est suspendu. Plus sûr à l’écrit soigné À la suite de la réunion, le projet est suspendu.
Le piège
« Suite à » est la formule des courriers professionnels par excellence. On l’a lue cent fois en tête de mail, dans les lettres de la banque et les accusés de réception. À force, elle sonne officiel, donc correct.
Elle est aussi plus courte : deux mots au lieu de quatre, et l’on écrit vite. Le Trésor de la langue française la cite d’ailleurs sans la condamner, à côté de la variante « comme suite à ».
L’Académie française, en revanche, y voit un raccourci de la langue commerciale et administrative, qu’elle déconseille. Personne ne vous refusera un remboursement pour un « suite à ». Mais dans un courrier soigné, la version complète fait meilleure impression, pour le prix de deux mots.
D’où ça vient
Pour l’Académie, « suite à » est un abrègement de « à la suite de », né dans la langue commerciale et administrative. Le TLFi enregistre la tournure avec ou sans « comme » et cite de Gaulle, dans ses Mémoires de guerre : « Comme suite à ma lettre circulaire du 3 novembre ».
« Suite » se rattache à « suivre », du latin sequi. La suite, c’est ce qui vient après : l’idée de conséquence était donc là dès le départ. Ce que l’Académie reproche à la formule, c’est son raccourci, pas son sens.
Pour s’en souvenir
Rendez à la formule ce qui lui manque : à la suite de. Et si vous répondez à un message, « en réponse à » est plus clair encore.
En situation
- En réponse à votre message du 12 mars, voici les documents demandés. le début de mail le plus sûr
- À la suite de la réunion de lundi, le planning a été revu.
- Pour donner suite à votre candidature, nous vous proposons un entretien.
- Par suite de cet accord, les prix baisseront en janvier. par suite de : l’idée de conséquence
- Après l’orage, la fête des voisins a été reportée. souvent, « après » suffit
Quiz
À vous de jouer
-
Question 1 sur 5
À l’écrit soigné : « ______ votre appel, je vous confirme le rendez-vous. »
À la suite de : la formule complète, que l’Académie recommande.
-
Question 2 sur 5
Pour l’Académie, « suite à » est un abrègement de ______.
La langue commerciale a raccourci « à la suite de » ; l’Académie conseille la forme complète.
-
Question 3 sur 5
______ votre demande, nous vous envoyons un devis.
En réponse à : clair, courtois et irréprochable.
-
Question 4 sur 5
______ une panne, le train est immobilisé.
Par suite de marque la conséquence, et l’Académie l’approuve.
-
Question 5 sur 5
L’Académie française reproche surtout à « suite à » d’être ______.
C’est une affaire de style. Litote ne vous retirera pas votre devis pour autant.
0 sur 5
À lire aussi
- À l’attention de ou à l’intention de ? À l’attention de indique le destinataire d’un courrier ou d’un envoi : « à l’attention de Mme Martin ».
- Solutionner ou résoudre ? Solutionner figure dans les dictionnaires, mais l’Académie française le déconseille.
- Débuter une réunion : est-ce correct ? Dans « débuter une réunion », le verbe a un complément direct : l’Académie française l’exclut, le Larousse…
- Incessamment : bientôt ou sans cesse ? Aujourd’hui, incessamment signifie très prochainement, sans délai : « il arrive incessamment ».