Figures de style

Qu’est-ce qu’une antiphrase ?

La réponse

L’antiphrase consiste à dire le contraire de ce qu’on pense, en comptant sur le ton ou la situation pour être compris : « c’est réussi ! » devant un gâteau brûlé. C’est l’outil favori de l’ironie.

Le piège

On emploie « antiphrase » et « ironie » comme des synonymes, et la confusion est bien naturelle. L’ironie est une attitude, une manière de se moquer. L’antiphrase est un procédé précis : inverser le sens des mots. On peut être ironique sans antiphrase, et l’antiphrase sert presque toujours l’ironie.

On la confond aussi avec la litote. La litote atténue pour renforcer : « ce n’est pas très malin ». L’antiphrase retourne complètement : « c’est malin ! ».

Reste un risque pratique. À l’oral, le ton fait tout le travail. À l’écrit, il disparaît. Un « bravo pour ta ponctualité » envoyé par message peut très bien être pris au pied de la lettre.

D’où ça vient

Du latin antiphrasis, emprunté au grec antiphrasis, de anti, « contre », et phrasis, « manière de dire ». Le mot est attesté en français dès le XIVe siècle.

Les Grecs appelaient les Érinyes, déesses de la vengeance, les Euménides, « les Bienveillantes », pour ne pas provoquer leur colère. Les rhétoriciens classent cet exemple tantôt dans l’antiphrase, tantôt dans l’euphémisme : la frontière est mince quand on a peur.

Pour s’en souvenir

Anti-phrase : la phrase dit l’inverse. Remplacez le mot clé par son contraire ; si vous obtenez ce que l’auteur pense vraiment, c’est une antiphrase.

En situation

Quiz

À vous de jouer

  1. Question 1 sur 5

    Devant un gâteau carbonisé, « c’est réussi ! » est ______.

  2. Question 2 sur 5

    « Ce n’est pas très malin » est plutôt ______.

  3. Question 3 sur 5

    L’antiphrase est l’outil habituel de ______.

  4. Question 4 sur 5

    En grec, anti signifie ______.

  5. Question 5 sur 5

    À l’écrit, une antiphrase risque surtout d’être ______.

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