Les fautes invisibles

Sitôt ou si tôt ?

La réponse

On écrit si tôt en deux mots quand on peut dire « si tard » : « je ne pensais pas arriver si tôt ». On écrit sitôt quand on peut dire « aussitôt » : « sitôt arrivé, il s’est endormi ». L’Académie écrit « pas de sitôt ».

Le piège

Les deux formes se prononcent pareil, et elles ont longtemps été le même mot. « Sitôt » n’est rien d’autre que « si » et « tôt » soudés par l’usage. Aujourd’hui, l’usage réserve surtout « sitôt » à l’enchaînement immédiat de deux actions et à la tournure « pas de sitôt ».

L’hésitation est ancienne. Littré rapporte que des grammairiens voulaient écrire « si tôt » en deux mots dans « je n’arriverai pas si tôt que vous », par symétrie avec « plus tôt » ; l’Académie a gardé « sitôt » dans cet exemple. Pour « pas de sitôt », elle soude le mot ; on rencontre aussi « de si tôt », que certains grammairiens admettent. Dans le doute, la graphie de l’Académie est la plus sûre.

D’où ça vient

« Sitôt » est composé de « si » et de « tôt ». Le Trésor de la langue française relève chez Wace, vers 1160-1174, la locution si tost cum, « aussitôt que », que si tost que a ensuite remplacée. Le tour « ne… pas sitôt », au sens de « pas prochainement », se lit chez Montaigne vers 1590.

La langue en a tiré des formules qui disent la hâte : « sitôt dit, sitôt fait », ou le proverbe plus rude « sitôt pris, sitôt pendu », que l’Académie enregistre encore.

Pour s’en souvenir

Remplacez par « si tard ». Si la phrase garde un sens, écrivez si tôt. Si « aussitôt » convient mieux, écrivez sitôt, en un mot, comme aussitôt.

En situation

Quiz

À vous de jouer

  1. Question 1 sur 5

    ______ rentré, il a allumé la télévision.

  2. Question 2 sur 5

    Il est bien ______ pour appeler un dimanche.

  3. Question 3 sur 5

    Ce restaurant ne nous reverra pas de ______.

  4. Question 4 sur 5

    « Sitôt que » a le même sens que ______.

  5. Question 5 sur 5

    Pourquoi êtes-vous parti ______ hier soir ?

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