Le mot juste
Pourquoi « étonner » vient-il du tonnerre ?
La réponse
Étonner vient bien du tonnerre : il remonte au latin populaire extonare, altération du latin attonare, « frapper de la foudre, frapper de stupeur ». Dans la langue classique, étonner, c’était ébranler, épouvanter. Aujourd’hui, le mot veut simplement dire surprendre.
- Le sens courant
- Surprendre par quelque chose d’inattendu. Sa réponse m’a étonné.
- Le sens premier
- Frapper de stupeur, ébranler comme un coup de tonnerre. Le feu de l’ennemi n’étonne pas le brave.
Le piège
« Étonner » s’est tant usé qu’on l’emploie pour une broutille : un collègue à l’heure, une facture sans erreur. On ne soupçonne donc pas la violence qu’il portait. Quand un personnage du XVIIe siècle se dit étonné, il ne hausse pas un sourcil : il est foudroyé.
Le lien avec « tonnerre » saute aux yeux une fois qu’on le connaît, et c’est justement ce qui le cache : on croit à une simple ressemblance de sons. Ce n’en est pas une. Le sens fort survit d’ailleurs dans les métiers : on « étonne » une roche en la faisant éclater par le feu, et un joaillier redoute d’« étonner » un diamant, c’est-à-dire de le fêler pendant la taille.
D’où ça vient
Du latin populaire extonare, issu par changement de préfixe du latin classique attonare (ou adtonare), « frapper de la foudre, frapper de stupeur », formé sur tonare, « tonner ». Vers 1100, la Chanson de Roland l’emploie au sens d’« être étourdi par un coup violent ». Du XIIe au XVIe siècle, étonner, c’est surtout « étourdir » ; le sens « surprendre » apparaît vers 1220.
La langue classique garde le sens fort, « épouvanter comme le ferait la foudre ». Au XIXe siècle, Sainte-Beuve joue encore sur la parenté quand il écrit qu’il aurait fallu commencer « par tonner et étonner ». Puis le mot s’est adouci, comme beaucoup de mots d’émotion à force de servir.
Pour s’en souvenir
Dans étonner, il y a tonner : à l’origine, on était étonné comme on est frappé par la foudre.
En situation
- Son silence pendant la réunion m’a étonnée. sens courant : surprise
- Plus rien ne l’étonne, pas même un mail de son chef envoyé à 23 h.
- Cela m’étonnerait qu’il pleuve demain. je n’y crois guère
- Le feu de l’ennemi n’étonne pas le brave. sens classique : ne l’épouvante pas
- Le carrier a étonné la roche en la chauffant. sens technique : la faire éclater
Quiz
À vous de jouer
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Question 1 sur 5
« Étonner » est de la même famille que ______.
Du latin populaire extonare, altération d’attonare, « frapper de la foudre », formé sur tonare, « tonner ».
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Question 2 sur 5
Dans la langue classique, être étonné, c’était être ______.
Le mot avait la force d’un coup de tonnerre.
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Question 3 sur 5
Un joaillier qui « étonne » un diamant ______.
Sens technique : fêler la pierre pendant la taille. Le joaillier, lui, est étonné au sens moderne.
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Question 4 sur 5
Aujourd’hui, « ce résultat m’étonne » signifie qu’il ______.
Le sens courant s’est beaucoup adouci.
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Question 5 sur 5
« Cela m’étonnerait » veut dire ______.
La surprise annoncée sert ici à exprimer un doute poli.
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