Le mot juste
Une opportunité est-elle une occasion ?
La réponse
Pour l’Académie, l’opportunité est le caractère de ce qui est opportun : on discute de l’opportunité d’une décision. Le sens « occasion », pourtant le plus ancien, doit sa vogue actuelle à l’anglais et reste déconseillé. À l’écrit soigné, dites occasion ou possibilité.
- Le sens courant
- Occasion favorable, possibilité à saisir ; aussi, caractère de ce qui vient à propos. Une belle opportunité professionnelle.
- Le sens premier
- Occasion, circonstance favorable, dès le XIIIe siècle ; le sens « caractère de ce qui est opportun » ne vient qu’en 1690. Profiter de l’opportunité.
Le piège
En anglais, opportunity veut dire « occasion », et le mot circule chaque jour dans les offres d’emploi et les réunions. Le français possède un mot presque identique, qui sonne plus solennel qu’« occasion », associé aux voitures et aux soldes. « Saisir une occasion » fait brocante ; « saisir une opportunité » fait conseil d’administration.
L’Académie y voit un anglicisme : une opportunité se juge, une occasion se guette, se saisit ou se manque. Le Trésor de la langue française enregistre le sens « occasion », en signalant qu’il se répand sous l’influence de l’anglais et que les puristes lui préfèrent « occasion », « possibilité » ou « perspective ». Littré, lui, donnait encore « saisir l’opportunité » en exemple. L’usage l’a largement adopté ; la tournure la plus sûre reste « occasion ».
Le mot garde un emploi que personne ne conteste : « l’opportunité d’une mesure », et le « coût d’opportunité » des économistes.
D’où ça vient
Du latin opportunitas, « condition favorable, commodité », formé sur opportunus. Selon le Trésor de la langue française, opportunus se disait proprement du vent « qui pousse vers le port », portus. Ce qui est opportun arrive donc à bon port.
Détail qui adoucit le débat : vers 1225, oportunité signifiait déjà « occasion » chez Gautier de Coinci. Le sens « caractère de ce qui est opportun » est enregistré en 1690 par Furetière. L’anglais n’a pas inventé ce sens ; il en a surtout relancé la vogue.
Pour s’en souvenir
Une opportunité se discute, une occasion se saisit. Si vous pouvez la « rater », c’est une occasion.
En situation
- Le conseil s’interroge sur l’opportunité d’un nouveau recrutement. sens établi : est-ce le bon moment ?
- Ce poste à Lyon est une belle occasion, ne la laisse pas passer. la tournure la plus sûre
- J’ai eu l’opportunité de rencontrer l’autrice. emploi courant, critiqué par l’Académie
- Personne n’a contesté l’opportunité de la mesure, seulement son coût.
- Profitons de l’occasion pour faire le point sur le budget.
Quiz
À vous de jouer
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Question 1 sur 5
On débat de l’______ de cette réforme : vient-elle au bon moment ?
On juge si la réforme est opportune : c’est son opportunité.
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Question 2 sur 5
Selon l’Académie, « saisir une opportunité » est ______.
Le sens « occasion » doit sa vogue à l’anglais opportunity.
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Question 3 sur 5
À l’écrit soigné, on préfère « ne ratez pas cette ______ ».
Une occasion se saisit ou se rate.
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Question 4 sur 5
Opportunité vient du latin ______.
Opportunitas, « condition favorable ».
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Question 5 sur 5
Le vent opportunus, en latin, poussait le navire vers ______.
Portus, le port. Litote préfère toujours ce vent-là.
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