Les fautes invisibles
C’est la faute à ou la faute de ?
La réponse
On dit c’est la faute de : « c’est la faute de la météo ». « C’est la faute à » relève de la langue populaire, et l’Académie le déconseille, sauf dans à qui la faute ? et quand « à » renforce un possessif : « ce n’est pas leur faute, à ces enfants ».
- Courant, mais discuté C’est la faute à la météo. Plus sûr à l’écrit soigné C’est la faute de la météo.
- Courant, mais discuté Ce n’est pas ma faute, c’est la faute à mon frère. Plus sûr à l’écrit soigné Ce n’est pas ma faute, c’est la faute de mon frère.
Le piège
À l’oral, « à » sert volontiers à marquer l’appartenance : « le vélo à Paul », « la maison à ma tante ». La faute appartient à quelqu’un, alors on lui applique le même traitement. C’est une construction ancienne et vivante, simplement jugée populaire.
Victor Hugo l’a rendue immortelle. Dans Les Misérables (1862), Gavroche chante « C’est la faute à Voltaire » sous les balles de la barricade. Depuis, l’expression revient dans les chansons et les films, et l’on se sent presque cultivé en la disant. L’Académie range pourtant ce « à » dans la langue populaire ou enfantine.
D’où ça vient
« Faute » vient d’un latin populaire fallita, « manque, action de faillir », rattaché à fallere, « tromper ». Le mot apparaît à la fin du XIIe siècle au sens de « manquement ».
Ce sens de « manque » n’a jamais disparu : on le retrouve dans « faute de temps » et dans « sans faute ». Commettre une faute, c’est au fond manquer à quelque chose. Attribuer la faute à quelqu’un, c’est dire de qui vient ce manque : « la faute de ».
Pour s’en souvenir
Pensez à « la responsabilité de » : c’est la faute de quelqu’un. Gardez « à » pour Gavroche et pour « à qui la faute ? ».
En situation
- Le retard du colis, c’est la faute du transporteur. dans un mail au service client
- Ce n’est la faute de personne, la machine est tombée en panne.
- À qui la faute ? tournure admise
- Ce n’est pas leur faute, à ces enfants, s’ils sont fatigués. « à » renforce le possessif « leur »
- Je ne suis pas notaire, c’est la faute à Voltaire. Hugo, Les Misérables, chanson de Gavroche
Quiz
À vous de jouer
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Question 1 sur 5
Si nous sommes en retard, c’est la faute ______ embouteillages.
À l’écrit, la faute de : des embouteillages.
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Question 2 sur 5
______ qui la faute ?
L’Académie admet ce « à » dans la question figée.
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Question 3 sur 5
« C’est la faute à Voltaire » est chanté par ______.
Gavroche, dans Les Misérables de Victor Hugo.
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Question 4 sur 5
Le mot « faute » vient d’un latin populaire qui signifiait ______.
Fallita, « manque, action de faillir », comme dans « faute de temps ».
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Question 5 sur 5
Ce n’est pas la faute ______ chat si le vase est tombé.
La faute du chat. Litote, qui surveillait la scène, se garde de témoigner.
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